La dernière fois que nous
nous sommes rencontrés, c’était en 2006, pour la
promo de l’album ‘Home’ Lp. Depuis, tu as quitté The
Gathering. As-tu parfois regretté cette décision ?
-Anneke: Je ne l’ai pas
regretté, parce que je possédais ce sentiment très
fort que je voulais faire quelque chose de différent, de
nouveau, surtout. Je me disais que si j’avais plus de temps à
moi, il y avait un tas de choses que j’aurais aimé faire :
enregistrer ce disque, travailler avec d’autres gens, avoir une vie
personnelle, être avec ma famille un peu plus, toutes ces
choses ont fini par former un sentiment général plutôt
qu’un changement brutal. Naturellement, ce fut difficile de partir, et The Gathering
me manque beaucoup, les musiciens, les tournées etc, mais je
ne regrette pas ma décision parce que je suis réellement
heureuse aujourd’hui, le disque et le groupe se portent bien. Je
n’ai jamais réfléchi à comment les choses
pourraient évoluer, je pensais seulement que je voulais le
faire, sortir mes propres morceaux, travailler avec mon mari Rob,
être avec mon fils Finn durant la semaine, je suis très
heureuse et je ne pensais pas que les choses pourraient si bien se
passer. Naturellement, j’ai du repartir de zéro, mais c’est
fun parce que j’ai une vision d’ensemble, je pense que je peux la
mener au bout. Certes, quand je suis dans cet endroit, je suis
remplie de souvenirs de The Gathering, parce qu’on y a joué
souvent. Partout où je vais, ces souvenirs me suivent, et j’en
suis très fière.
-Et je suppose que le fait d’être
mère a pesé lourd dans la balance, en termes de style
de vie?
A: Oui, je pense, en fait c’est
exactement ça: quand tu as un enfant, les choses ne changent
pas tellement, mais deviennent plus intenses, et toute décision
doit être la bonne. C’est pourquoi cette décision est
survenue peut être un peu plus rapidement que si je n’avais
pas eu d’enfant.
-Aqua de Annique est né
l’année dernière, avec ton mari Rob: on peut dire que
ce nouveau groupe, après la naissance de Finn, représente
un nouveau défi excitant?
-A: Oui, tout à fait.
J’ai un tas de morceaux, assez pour un second album. On y travaille
un petit peu, à mon rythme, ce qui est très agréable,
car je peux laisser les choses suivent leur cours. Je suis moins sous
pression, parce que le groupe est encore jeune. J’aimerais qu’il
grossisse, mais j’apprécie le fait de prendre mon temps.
-Ton site web est vraiment cool!
A: Ouais, très girlie,
non? Tout est rose!
-Prévois tu que la prochaine
vidéo soit aussi cartoonesque?
-A: Non, je la voulais comme ça,
elle était très spontanée, mais la prochaine
devrait contenir davantage de figures humaines !
-D’où te viens cette
fascination pour les avions et les hôtesses de l’air ?
Tu m’avais dit une fois que tu n’étais pas folle des longs
voyages…
-A: En fait, j’aime voyager,
mais tourner longtemps est épuisant pour l’organisme.
J’adore être dans des avions, dans des aéroports.
J’adore leurs uniformes, mais par-dessus tout les hôtesses de
l’air, parce qu’elles s’occupent de vous, elles sont belles, ce
sont des créatures quasi parfaites. Je pense que cette
profession est vraiment sous-estimée, simplement qu’elles
vous apportent votre café. Les hôtesses classiques
sont supposées ne pas parler, et j’aime ça.
Chaque être humain possède
son côté sombre, et c’est fascinant. C’est peut être
stupide mais, quand j’en vois une, j’y pense : elle est si
belle, si attentionnée, mais que se cache au fond d’elle ?
Quel est son truc ? Je pense que l’aviation a beaucoup en
commun avec le rock’n’roll, on voyage de ville en ville, on
rencontre un tas de gens, et on joue également, tous jouent un
rôle. Pour moi, c’est très rock’n’roll, ça
ressemble beaucoup à un groupe, et c’est aussi pour ça
que j’aime ça !
-Est ce quelque chose que tu aurais
aimé faire, si tu n’avais pas été chanteuse?
-A: Non, parce que je ne suis
pas très ponctuelle. J’admire leur ponctualité et
tout le reste, mais je ne suis pas du tout comme ça, c’est
quelque chose que je ne pourrais jamais faire.
-Tu as écrit et compose
pratiquement tout l’album: peut on en déduire que tu serais
plutôt du genre control freak, ou est ce plutôt le
plaisir de faire les choses par toi-même ?
-A: Oui, mais je dois dire que
je ne suis pas bonne pour le reste, toute la partie business ou
financière, je laisse ça à d’autres. Je ne
peux tout faire moi-même, parce que je deviendrais
dingue! Et donc j’écris, je compose, j’ai
un tas d’idées, et à ce moment là, les gens
m’aident. Je ne suis pas du tout terre à terre, ‘au
contraire’ (en français dans le texte)!
-Parle moi un peu de Kristin
Fjellseth, qui chante sur le disque et a écrit un morceau…
A: C’est une amie norvégienne,
qui chante dans le groupe Pale Forest, avec qui nous avons fait
quelques concerts. Nous sommes de bons amis. Elle a aussi sorti des
albums sous son nom et je voulais qu’elle soit là aussi.
Elle est venue en Hollande, et nous avons refait quelques shows avec
elle.
-Récemment, j’ai lu que tu
as donné un concert pour le Tibet à Amsterdam, et sorti
aussi un single…
-A: Oui, c’est une
organisation qui a mis sur pied ce festival, et qui fut aussi à
l’origine du single, chanté en hollandaise, avec des groupes
importants de là bas, le mien étant tout petit à
côté. C’était très fun de bosser avec
tous ces gens, et le single est numéro un en ce moment.
C’était un concert de charité et un disque de charité
pour le Tibet, tout l’argent allant à ces nonnes vivant en
exil en Inde parce qu’elles ont chanté des chansons
contestataires : elles ont été torturées et
ont vécu l’enfer. On l’a fait pour les aider, pour
ramasser de l’argent. Aujourd’hui, tout le monde se focalise sur
la Chine avec les jeux Olympiques, et c’est une bonne chose que le
Tibet génère un peu d’attention.
-Quelle a été la
réaction des fans de The Gathering à l’écoute
de ‘Air’?
-A: Très bonne, en fait.
Bien sûr, je comprend que, du fait que The Gathering est un
groupe important, un tas de gens auront besoin de temps pour se
familiariser avec une autre forme, telle que The Gathering avec une
autre chanteuse, ou moi sans eux, je le sais maintenant. Voilà
six mois que nous sommes ensemble, et c’est ma priorité
absolue. Je ne m’attends pas autant de gloire qu’avec The
Gathering, qui est très connu et respecté, mais
j’apprécie le fait que les gens aiment ce nouveau groupe et
me donnent une chance en tant que chanteuse, me procurent l’espace
à créer quelque chose de neuf, et j’en suis très
heureuse quand je vois le résultat. Mais je sais que ça
prend du temps pour que les gens s’y habituent, c’est naturel.
-Quels souvenirs gardes tu de ta
collaboration avec Napalm Death?
-A: C’était super
qu’ils m’appellent pour ce morceau. Quand j’étais plus
jeune, j’écoutais leurs disques, et je fut très
honorée qu’ils fassent appel à moi. Ils sont très
sérieux par rapport à ce qu’ils font, et c’est un
grand groupe.
-Et puis Moonspell, cette année…
-A: La première tournée
que fit The Gathering était avec Moonspell, en 95.Nous étions
des groupes minuscules, on a démarré au même
niveau. Ils sont devenus très connus, surtout au Portugal mais
également dans le reste du monde, et j’étais très
contente qu’ils m’appellent. Il en devrait en sortir un single,
et peut être aussi une vidéo.
-Pas de DVD en projet?
-A: Pas déjà, je
vais devoir élargir mon répertoire. Un DVD est plus
pertinent pour un groupe établi. Je suis une artiste reconnue,
mais mon groupe a besoin de grandir encore un peu.
-Quelque chose à ajouter pour
ta défense?
-A: Je suis très heureuse
d’être de retour en France, et j’espère que les gens
viendront nous voir et apprécieront ce que nous faisons. On
travaille sur un nouveau disque, et tout va bien!
Propos recueillis le 24 avril 2008 à
la Locomotive, Paris.
Merci à Guillaume de Season
Of Mist, ainsi qu’à Sander, pour leur collaboration
efficace.
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