Anneke 2008: "Air", water and elements of crime...



Coup de tonnerre en 2007 : Anneke, chanteuse de The Gathering depuis treize ans, nouvelle mariée et mère d’un petit Finn, annonçait qu’elle quittait le groupe, dans la foulée de ‘Home’, son dernier album. Puis, peu après, on apprenait, peu après, la création de Agua de Annique, son nouveau projet, et la parution de ‘Air’, premier album de celui-ci, dans les rangs duquel on retrouve son mari Rob. Un an plus tard, qu’en est il de l’aventure ? Anneke, toujours souriante, était à Paris pour nous en parler, pour son premier concert en ‘solo’ à la Loco. Moteur.



La dernière fois que nous nous sommes rencontrés, c’était en 2006, pour la promo de l’album ‘Home’ Lp. Depuis, tu as quitté The Gathering. As-tu parfois regretté cette décision ?

-Anneke: Je ne l’ai pas regretté, parce que je possédais ce sentiment très fort que je voulais faire quelque chose de différent, de nouveau, surtout. Je me disais que si j’avais plus de temps à moi, il y avait un tas de choses que j’aurais aimé faire : enregistrer ce disque, travailler avec d’autres gens, avoir une vie personnelle, être avec ma famille un peu plus, toutes ces choses ont fini par former un sentiment général plutôt qu’un changement brutal. Naturellement, ce fut difficile de partir, et The Gathering me manque beaucoup, les musiciens, les tournées etc, mais je ne regrette pas ma décision parce que je suis réellement heureuse aujourd’hui, le disque et le groupe se portent bien. Je n’ai jamais réfléchi à comment les choses pourraient évoluer, je pensais seulement que je voulais le faire, sortir mes propres morceaux, travailler avec mon mari Rob, être avec mon fils Finn durant la semaine, je suis très heureuse et je ne pensais pas que les choses pourraient si bien se passer. Naturellement, j’ai du repartir de zéro, mais c’est fun parce que j’ai une vision d’ensemble, je pense que je peux la mener au bout. Certes, quand je suis dans cet endroit, je suis remplie de souvenirs de The Gathering, parce qu’on y a joué souvent. Partout où je vais, ces souvenirs me suivent, et j’en suis très fière.


-Et je suppose que le fait d’être mère a pesé lourd dans la balance, en termes de style de vie?

A: Oui, je pense, en fait c’est exactement ça: quand tu as un enfant, les choses ne changent pas tellement, mais deviennent plus intenses, et toute décision doit être la bonne. C’est pourquoi cette décision est survenue peut être un peu plus rapidement que si je n’avais pas eu d’enfant.


-Aqua de Annique est né l’année dernière, avec ton mari Rob: on peut dire que ce nouveau groupe, après la naissance de Finn, représente un nouveau défi excitant?

-A: Oui, tout à fait. J’ai un tas de morceaux, assez pour un second album. On y travaille un petit peu, à mon rythme, ce qui est très agréable, car je peux laisser les choses suivent leur cours. Je suis moins sous pression, parce que le groupe est encore jeune. J’aimerais qu’il grossisse, mais j’apprécie le fait de prendre mon temps.


-Ton site web est vraiment cool!

A: Ouais, très girlie, non? Tout est rose!


-Prévois tu que la prochaine vidéo soit aussi cartoonesque?

-A: Non, je la voulais comme ça, elle était très spontanée, mais la prochaine devrait contenir davantage de figures humaines !


-D’où te viens cette fascination pour les avions et les hôtesses de l’air ? Tu m’avais dit une fois que tu n’étais pas folle des longs voyages…

-A: En fait, j’aime voyager, mais tourner longtemps est épuisant pour l’organisme. J’adore être dans des avions, dans des aéroports. J’adore leurs uniformes, mais par-dessus tout les hôtesses de l’air, parce qu’elles s’occupent de vous, elles sont belles, ce sont des créatures quasi parfaites. Je pense que cette profession est vraiment sous-estimée, simplement qu’elles vous apportent votre café. Les hôtesses classiques sont supposées ne pas parler, et j’aime ça.

Chaque être humain possède son côté sombre, et c’est fascinant. C’est peut être stupide mais, quand j’en vois une, j’y pense : elle est si belle, si attentionnée, mais que se cache au fond d’elle ? Quel est son truc ? Je pense que l’aviation a beaucoup en commun avec le rock’n’roll, on voyage de ville en ville, on rencontre un tas de gens, et on joue également, tous jouent un rôle. Pour moi, c’est très rock’n’roll, ça ressemble beaucoup à un groupe, et c’est aussi pour ça que j’aime ça !


-Est ce quelque chose que tu aurais aimé faire, si tu n’avais pas été chanteuse?

-A: Non, parce que je ne suis pas très ponctuelle. J’admire leur ponctualité et tout le reste, mais je ne suis pas du tout comme ça, c’est quelque chose que je ne pourrais jamais faire.


-Tu as écrit et compose pratiquement tout l’album: peut on en déduire que tu serais plutôt du genre control freak, ou est ce plutôt le plaisir de faire les choses par toi-même ?

-A: Oui, mais je dois dire que je ne suis pas bonne pour le reste, toute la partie business ou financière, je laisse ça à d’autres. Je ne peux tout faire moi-même, parce que je deviendrais dingue! Et donc j’écris, je compose, j’ai un tas d’idées, et à ce moment là, les gens m’aident. Je ne suis pas du tout terre à terre, ‘au contraire’ (en français dans le texte)!


-Parle moi un peu de Kristin Fjellseth, qui chante sur le disque et a écrit un morceau…

A: C’est une amie norvégienne, qui chante dans le groupe Pale Forest, avec qui nous avons fait quelques concerts. Nous sommes de bons amis. Elle a aussi sorti des albums sous son nom et je voulais qu’elle soit là aussi. Elle est venue en Hollande, et nous avons refait quelques shows avec elle.


-Récemment, j’ai lu que tu as donné un concert pour le Tibet à Amsterdam, et sorti aussi un single…

-A: Oui, c’est une organisation qui a mis sur pied ce festival, et qui fut aussi à l’origine du single, chanté en hollandaise, avec des groupes importants de là bas, le mien étant tout petit à côté. C’était très fun de bosser avec tous ces gens, et le single est numéro un en ce moment. C’était un concert de charité et un disque de charité pour le Tibet, tout l’argent allant à ces nonnes vivant en exil en Inde parce qu’elles ont chanté des chansons contestataires : elles ont été torturées et ont vécu l’enfer. On l’a fait pour les aider, pour ramasser de l’argent. Aujourd’hui, tout le monde se focalise sur la Chine avec les jeux Olympiques, et c’est une bonne chose que le Tibet génère un peu d’attention.


-Quelle a été la réaction des fans de The Gathering à l’écoute de ‘Air’?

-A: Très bonne, en fait. Bien sûr, je comprend que, du fait que The Gathering est un groupe important, un tas de gens auront besoin de temps pour se familiariser avec une autre forme, telle que The Gathering avec une autre chanteuse, ou moi sans eux, je le sais maintenant. Voilà six mois que nous sommes ensemble, et c’est ma priorité absolue. Je ne m’attends pas autant de gloire qu’avec The Gathering, qui est très connu et respecté, mais j’apprécie le fait que les gens aiment ce nouveau groupe et me donnent une chance en tant que chanteuse, me procurent l’espace à créer quelque chose de neuf, et j’en suis très heureuse quand je vois le résultat. Mais je sais que ça prend du temps pour que les gens s’y habituent, c’est naturel.


-Quels souvenirs gardes tu de ta collaboration avec Napalm Death?

-A: C’était super qu’ils m’appellent pour ce morceau. Quand j’étais plus jeune, j’écoutais leurs disques, et je fut très honorée qu’ils fassent appel à moi. Ils sont très sérieux par rapport à ce qu’ils font, et c’est un grand groupe.


-Et puis Moonspell, cette année…

-A: La première tournée que fit The Gathering était avec Moonspell, en 95.Nous étions des groupes minuscules, on a démarré au même niveau. Ils sont devenus très connus, surtout au Portugal mais également dans le reste du monde, et j’étais très contente qu’ils m’appellent. Il en devrait en sortir un single, et peut être aussi une vidéo.


-Pas de DVD en projet?

-A: Pas déjà, je vais devoir élargir mon répertoire. Un DVD est plus pertinent pour un groupe établi. Je suis une artiste reconnue, mais mon groupe a besoin de grandir encore un peu.


-Quelque chose à ajouter pour ta défense?

-A: Je suis très heureuse d’être de retour en France, et j’espère que les gens viendront nous voir et apprécieront ce que nous faisons. On travaille sur un nouveau disque, et tout va bien!


Propos recueillis le 24 avril 2008 à la Locomotive, Paris.

Merci à Guillaume de Season Of Mist, ainsi qu’à Sander, pour leur collaboration efficace.




 




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